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19 octobre, 2011, 11:50
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Devenir Animal 

 

Il y a dans les travaux de Klervi Bourseul ce devenir-animal cher à Gilles Deleuze dans ses « Mille Plateaux ». Cette intensité, qui sur la toile, prend une dimension inattendue, proche de la métamorphose où les contraires s’unissent. Carl Jung  rapporte que l’animal joue un rôle particulièrement important dans les rêves et s’invitent dans nos songes. Ils  transcendent, ouvrent des espaces troublants, créent une correspondance de rapports profonds avec l’élémentaire. Ce lieu de l’invisible que Klervi Bourseul approfondie dans chacune de ses œuvres. Ce travail n’est que l’expression de ce qui anime l’esprit de l’artiste lorsqu’elle fait surgir ces formes dans leurs nudités primordiales, leurs étrangetés métaphoriques laissant  le champ  onirique ouvert à ce perpétuel mouvement. Ces geysers de figures nous interrogent sur ce devenir d’une animalité refoulée. On retrouve dans cette œuvre ce que les chamans amérindiens appellent le « grand tout » et que notre modernité sépare et cloisonne jusqu’à en réfuter l’existence.

Bruno Geneste, écrivain et poète, 2012

 

 

Approche et rugosité

 

L’univers de la jeune artiste Klervi Bourseul défie l’oeil.
Il y a cette main qui cherche, une parole retenue et déconditionnée par l’acte de peindre. Le corps est cette habitation de l’esprit où saignent nos désirs de sortir d’un monde un peu trop étroit. Le mouvement et le souffle de l’artiste s’articule, ici, autour d’énigmatiques figures qui s’agitent sur la toile. Une absence se tord dans l’attente, des figures se percutent dans une hémorragie de sensation, la cible est proche, la main se tend et le cri est à l’intérieur qui ne demande qu’à se répandre, à percuter le silence des lignes, la rondeur d’une figure dans son étrange immobilité. Tout ici s’insurge, créer cette violence chromatique sans complaisance. La rugosité des traits accentue cette approche du réel dans sa tragique nudité, l’expression en soi d’un chaos fragmenté qui sur la toile agite et dénoue, inverse et prolonge l’émotion dans le regard. Ce cynisme n’est pas juste un jeu, une sorte de fantaisie artistique, mais un réel positionnement, une volonté d’affirmer la fragilité de l’existence.

Bruno Geneste, écrivain et poète, 2011

 

 

De mes travaux surgissent, des scènes inquiétantes, des oiseaux étranges rencontrent des lapins bizarres venus d’ailleurs, des arbres émergeant d’une mer mazoutée reflètent un climat fragile. Les êtres vivants et la nature ne forment plus qu’un et font naître une alchimie de formes. Ces croisements d’éléments, ces créatures anthropomorphiques sont les résultats d’un processus d’hybridation. Ici les éléments sont le reflet d’un monde précaire, un monde en flottaison, c’est une description d’une existence où tout est mystère, tout est questionnement. Ce sont des paysages en mutation construis à partir d’éléments du quotidien, de rêves et de souvenirs. Parfois ces rencontres sont fortuites, mais quelques fois elles sont provoquées artificiellement par plusieurs éléments, à l’image du photomontage « Le rossignol chinois » de Max Ernst. Des masques et des espèces hybrides se côtoient, formant des images cauchemardesques, faisant naître une narration remplie de sens et de non sens.

Il n’y a plus de normes, se sont des apparitions énigmatiques au coeur d’une vision onirique.

Klervi Bourseul, 2012

 

 

Je crée un paysage mental, un lieu exutoire, à partir d’éléments du quotidien. Puis une composition se met en marche, une chose puis une autre afin de faire naître une narration pleine de contradiction, de sens et de non sens. Les images viennent s’écraser comme un éclaboussement d’idées folles sur la toile, elles s’entrechoquent, se rencontrent, se  rejettent, se touchent, se détestent, s’aiment.
«S’éclater comme un enfant, éclaté comme un cri, éclatée comme une cervelle, éclatée comme une violente vague pulsionnelle, un éclat de rire, un éclat de peinture»
Être un enfant, être un bébé , être un singe, être un chien, être un animal imaginaire… Je me rappelle ces images qui sentent bon, et d’autres mauvais. Elles collent aux dents, elles coulent. Putain! Putain le chien! Mes images me font peur, elles sont moi , je suis elles. Mes images, cauchemars et rêves au bord du délire, qui me font rire. C’est ça le pire! Dans l’ombre, surgit la silhouette des délires de mon cerveau. Je peux tout créer, mon animal avec une tête de ballon, un corps sans tête, mon jardin d’enfance, la main à l’endroit à l’envers, un enfant avec une tête de lapin…
La peinture est un exercice de révélation. C’est la seul chose qui me libère, et qui me permet de faire naître des images multiples suggérées par de fortes émotions. Dans mes travaux, je parle de l’humain, il est question d’une représentation anthropomorphique, ou les éléments sont amputés, déchirés et fragmentés. La présence humaine est  sous-jacente et liée à l’enfance et à la mort. Mes images font de divers façons, allusion au cycle de la vie, quelque chose en mutation, à travers l’expression de sensations, imageries symboliques et images empruntées à la culture populaire. Voici des travaux réalisés dans une veine intimiste, cynique, chaotique, rock and roll, cauchemardesque, expressive. Une création où est posée la question de l’expression de l’inconscient.

Klervi Bourseul, 2011

 

 

 



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